L’innocuité alimentaire et la technologie de demain, une réelle solution. (Partie 3 – Blockchain)

Blockchain

À la grande surprise de certains, la technologie de la blockchain utilisée par le bitcoin et d’autres cryptomonnaies ne se limite pas à la finance et commence à être utilisée dans d’autres industries telles que l’agroalimentaire pour garantir la transmission et le stockage d’informations de manière sécuritaire.
La blockchain, en tant que registre distribué, transparent et incorruptible, peut justement aider à lutter contre l’opacité de ces supply chains et rendre beaucoup plus difficile la fraude alimentaire. L’avantage d’un registre blockchain réside dans sa transparence et sa gestion distribuée, rendant impossible toute modification des données de façon unilatérale.
En fonction des cas, l’inscription dans le registre peut se faire de façon manuelle ou automatique par l’utilisation de capteurs connectés, attachés au produit, capables de transmettre automatiquement des données – localisation, température, humidité et autres, – et de les inscrire sur la blockchain.
Dans certains secteurs fortement réglementés tels que la finance, la blockchain est la clé pour réduire les frais de conformité qui autrement sont astronomiques. Plusieurs des grandes banques investissent présentement dans la mise en place de systèmes reposant sur la blockchain pour cette raison. Il s’agit d’un exemple où un cadre réglementaire plus sévère encourage l’adoption de la technologie blockchain. Une fois adoptée, la technologie procure des bénéfices au reste de l’ensemble de l’écosystème telles la transparence et la fiabilité accrue des données.
Il n’est pas impossible que l’industrie alimentaire en arrive un jour à la création d’un registre international de traçabilité alimentaire reposant sur la technologie blockchain. D’ici là, on observe déjà des initiatives volontaires de la part de grands joueurs de l’industrie alimentaire se positionnant dans le créneau de l’alimentation dite “éthique”.
Le détaillant Carrefour fut parmi les premiers en adoptant la blockchain et en offrant une traçabilité du poulet. À l’aide d’un code QR, le consommateur peut connaître le lieu et le mode d’élevage, le nom de l’éleveur, l’alimentation reçue, l’utilisation d’antibiotiques, le lieu d’abattage… La différence avec une traçabilité habituelle est que celle-ci est vérifiable à 100 % et infalsifiable.
Walmart a annoncé en juin 2017 que la blockchain a permis de réduire de plusieurs jours à quelques minutes le temps nécessaire pour retracer l’origine des produits de viande de porc en provenance de Chine. Cet exemple est frappant, car il permet de démontrer comment un pays importateur peut se protéger contre la fraude alimentaire dans le cas d’aliments en provenance de pays où les cadres réglementaires ne sont pas les mêmes.
Une fois que des données fiables sont disponibles en quantité massive et accessible, de nouveaux services peuvent être orchestrés.